Bujumbura : L’insalubrité au pied de l’Hôtel de Ville, un paradoxe qui fâche

Alors que la municipalité durcit le ton sur l’hygiène urbaine et impose des taxes de collecte des ordures de plus en plus strictes, l’état des abords des bureaux du maire soulève une question de redevabilité. Entre taxes payées et services non rendus, Itara Burundi revient sur une situation qui entache l’image de la capitale.

Par l’Équipe de Rédaction – Itara Burundi, 03 janvier 2026

Le contraste saisissant du centre-ville

Mardi 30 décembre 2023, 13 h 40. À l’intersection stratégique du boulevard du Peuple Murundi et de l’Avenue de l’Université, le décor est loin du prestige attendu. Juste en dessous des bureaux historiques de l’autorité urbaine, à un jet de pierre de la PSR, les immondices s’accumulent. Ce point névralgique, situé entre la 1ère Avenue de Bwiza et le cœur administratif, offre aux passants un visage de négligence qui contraste avec les discours officiels.

« Faites ce que je dis, pas ce que je fais »

Pour les contribuables burundais, la situation suscite de la préoccupation. Chaque mois, les ménages et commerces règlent les frais d’évacuation des déchets. Cependant, une question revient fréquemment parmi les citoyens : pourquoi la mairie ne parvient-elle pas à assainir son propre périmètre ?

« Ils nous sanctionnent pour le manque d’hygiène, alors que des déchets subsistent sous leurs propres fenêtres », indique un commerçant du secteur interrogé par notre rédaction.

Un enjeu de crédibilité publique

La salubrité urbaine ne repose pas uniquement sur la répression ou la taxation. Elle requiert également de l’exemplarité de la part de l’État. En laissant des déchets s’accumuler à la jonction de grandes artères comme l’Avenue de l’Université, l’administration de Bujumbura-Mairie affaiblit son message de civisme.

Pour Itara Burundi, ce constat n’est pas qu’une critique, c’est un appel à l’action. L’assainissement de la capitale doit commencer là où les décisions se prennent.

💡 Le Regard d’Itara Burundi

Pour que Bujumbura retrouve sa splendeur, la gestion des déchets doit cesser d’être une simple source de revenus fiscaux pour devenir une réalité tangible sur le terrain, à commencer par les zones administratives.